Avis rentrée littéraire 2020 : Cinq dans tes yeux, d’Hadrien Bels

Bonjour à vous,

J’ai le plaisir de vous retrouver aujourd’hui pour vous présenter un des trois romans de la Rentrée Littéraire des éditions de L’iconoclaste, une maison d’édition chère à mon coeur de lectrice. Le premier des trois romans que j’ai décidé de vous présenter, c’est tout simplement le premier que j’ai lu. Il s’agit du roman d’Hadrien Bels, Cinq dans tes yeux, que vous pouvez retrouver dans toutes les bonnes librairies depuis le 19 août 2020.

Le synopsis…

« Son surnom, Stress, c’est Nordine qui le lui a donné. C’était les années 90, dans le quartier du Panier, à Marseille, au-dessus du Vieux-Port. Il y avait aussi Ichem, Kassim, Djamel et Ange. Tous venus d’ailleurs, d’Algérie, des Comores ou du Toulon des voyous. 

Sur la photo de classe, à l’époque, Stress était facilement repérable, avec sa peau rose. Et sa mère, Fred, issue d’une vieille famille aristocratique, était une figure du quartier. La caution culturelle. 

Mais aujourd’hui, les pauvres ont été expulsés du Panier, les bobos rénovent les taudis et les touristes adorent arpenter ses rues tortueuses. Ses anciens potes sont devenus chauffeur de bus, agent de sécurité, dealer ou pire. Un peu artiste, un peu loser, Stress rêve, lui, de tourner un film sur son quartier d’enfance, et de leur faire rejouer leurs propres rôles de jeunes paumés, à coups de scènes colorées et d’arrêts sur image. Les descentes à la plage ou dans les boîtes de nuit, les bagarres et les parties de foot. »

Voici le résumé que vous pouvez retrouver sur le site des éditions de L’iconoclaste.

Mon avis sur ce roman…

Il aurait été facile de tomber dans le cliché, dans les facilités, surtout au moment des dialogues. D’emprunter des paroles ou des expressions pour « faire comme si ».

Oui mais ici, ce n’est pas le cas. Pour la simple et bonne raison qu’Hadrien Bels, il connait le quartier du panier comme sa poche et pour cause : il y a grandit. Cette histoire, c’est un peu voire même beaucoup la sienne. La voilà la différence. Quand on lit ce texte, on s’y croirait. Dans cette époque d’il y a 30 ans, avec ces jeunes, ces copains qui se charrient au quotidien, qui connaissent tout les uns sur les autres.

Ce qui est aussi très intéressant dans ce roman, c’est la place que prend la ville de Marseille. C’est un personnage à part entière, pas seulement la ville qui accueille ces copains. Moi, je ne connais pas Marseille, je n’y ai jamais mis les pieds. Impossible pour moi de me rendre compte de tous les changements qui ont eu lieu pendant 30 ans. Les habitants eux, sont qui y ont grandi, ceux qui ont encore la chance (ou la volonté) d’y habiter, sont en droit de se poser des questions.

A l’instar de beaucoup de grandes villes de France, Marseille et les marseillais ont du laisser la place en centre-ville à tous les « bobos » venus envahir les bâtiments autrefois décrépis pour en faire des lofts extraordinaires ou des logements totalement atypiques qui se vendront à prix d’or. Les habitants d’avant n’avaient pas cette ambition… et c’est bien là aussi le fond du sujet. Véritable critique de la gentrification, ce roman est parfois acerbe, parfois touchant.

Dans ce roman, on côtoie le Stress des années 90 et aussi le Stress de maintenant, jeune homme travaillant ou tout du moins voulant travailler comme artiste, comme réalisateur. Il a une idée bien en tête. Mais voilà : les artistes que Marseille accueillent désormais n’ont plus rien de bohème… ils sont au contraire très regardant sur ce que votre film peut rapporter, à défaut d’apporter quelque chose de culturel. Là encore, la critique est délicieusement menée…

J’allais oublié : ce roman est un premier roman. Et comme avec tout premier roman, j’aime découvrir une plume, une personnalité, une sensibilité. Inutile de vous dire qu’avec Cinq dans tes yeux, j’ai été servie… Bravo Hadrien !

Et vous, qu’en avez-vous pensé si vous l’avez lu ?

Je vous dis à très vite,

F.

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