Avis rentrée littéraire 2020 : Alabama 1963, de Ludovic Manchette et Christian Niemiec

Bonjour à tous,

J’ai le plaisir de vous retrouver aujourd’hui pour vous proposer une nouvelle chronique d’un bouquin de cette rentrée littéraire 2020. En ce vendredi, je fais place à un roman qui s’apparente fortement à un polar (même si le genre n’est pas clairement énoncé, plutôt « sous ses airs de polar américain »). Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas de littérature blanche comme il y en a beaucoup pendant la rentrée littéraire et rien que pour cette raison, ce roman sort des sentiers battus.

Je vous présente donc aujourd’hui Alabama 1963, écrit à quatre mains par Ludovic Manchette et Christian Niemiec paru aux éditions du Cherche-Midi et en librairie depuis le 20 août 2020.

Le synopsis…

« Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…
Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime.

Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… »
Deux êtres que tout oppose. A priori.« 

Voici le résumé que vous pouvez retrouver sur le site de l’éditeur directement. Et, ma foi, je trouve qu’il fonctionne bien ce résumé, il en dit juste assez, sans trop dévoiler de l’histoire.

Mon avis sur ce roman…

La première chose à savoir avant de débuter ce roman, c’est qu’il se passe pendant les altercations concernant la ségrégation aux Etats-Unis. De prime abord, ce n’est pas une période que je chéris en littérature. Mais ici, ça fonctionne au contraire très bien, en tout cas avec moi !

En effet, tout d’abord, parlons du duo de base. Bud, ce détective ancien flic, et Adela, femme de ménage de ce détective. Au-delà des liens professionnels de patron à employée qui les unissent, vont en fait se créer des liens beaucoup plus forts. En effet, le détective s’aperçoit à juste titre que son enquête avant bien mieux avec une femme, qui plus est noire, dans cet environnement qui, pour lui, homme blanc, devient vite hostile. La population ne souhaitant pas s’épancher avec lui.

Mention spéciale donc pour le personnage d’Adela. Malgré tout le respect des règles et de ses obligations en tant que femme de ménage noire, elle n’hésite pas à faire porter sa voix de plus en plus fort. A la ville, les écoles viennent d’ouvrir aussi pour les enfants noirs, déclenchant beaucoup de craintes et d’hostilités chez les parents blancs. La société est complètement coupée en deux, dans cet état où le racisme est très présent.

C’est donc l’histoire d’une femme noire et d’un homme blanc qui vont se rendre compte, aussi bien l’un que l’autre qu’avoir des contacts les uns les autres est possible, et même agréable, quelle que soit la couleur de la personne en face.

Autre mention spéciale : ce roman a été écrit à quatre mains. C’est un processus qui m’épate toujours autant à chaque fois que je lis un roman de ce genre. Ici, à aucun moment la différence d’écriture ne se voit. A aucun moment, on se dit que c’est tel ou tel auteur qui écrit et je trouve ça magistral.

Vous l’aurez compris sans doute, mais c’est encore un très chouette roman de la Rentrée Littéraire que je tenais à vous présenter aujourd’hui. J’espère qu’il saura conquérir ceux qui aiment cette période de l’Histoire, aussi bien que ceux qui, comme moi, n’en sont pas friands.

Je vous dis à très vite pour une autre chronique, tenez-vous bien, il va y en avoir tous les deux jours 🙂

F.

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